"Famille, familles"

Du 1er au 4 octobre 2026, Lire au grand large décline en Guadeloupe sa sixième édition sur le thème « Famille, familles » : des auteurs bouleversants, des rencontres dans les établissements scolaires, des activités inédites…

Programme détaillé consultable dans quelques jours.

ÉDITORIAL

Plus que jamais, sonner l’alarme

Il s’agit en effet de sonner l’alarme. Car si les plus jeunes lisent moins, une évidence répétée sur tous les tons, les adultes et, notamment les seniors, emboitent le pas de leurs petits enfants. 

Ici comme ailleurs, l’ancien socle commun se fissure. Celles et ceux, celles surtout, sur lesquels reposaient naguère tous les espoirs, de l’exemplarité de la pratique jusqu’au maintien des ventes en littérature générale, entament une mue mortifère. Ainsi les seniors lisent moins, de moins en moins même. Si ceux qui ont des cheveux blancs affectionnent encore les grands événements littéraires, on ne peut que constater dans les files d’attente l’usage décomplexé et (pré)addictif qu’ils font de leurs smartphones. Le vers serait dans le fruit : au quotidien, les livres ne trouvent plus place autant qu’avant dans les poches et les tote bags des plus âgés d’entre nous.

Faudrait-il alors se résigner, acter la mort dans l’âme l’agonie d’une invention que Gutenberg nous avait légué en confiance, sans penser le moins du monde à la fin programmée de son héritage ? La réponse est NON.

Battons-nous pour promouvoir la lecture, ses pratiques, ses bienfaits. Œuvrons sur tous les fronts, pour tous les publics, qui ne doivent pas se transformer en spectateurs distraits d’une chaîne du livre muséifiée mais au contraire redevenir son essentiel maillon, actif, curieux, exigeant, critique : le maillon de la lecture, des lectrices, des lecteurs.

 

 
 

“Famille, familles”, édition 2026

Dans le monde du livre, les histoires de familles ont le vent en poupe. Il n’est que de regarder les nouveautés sur les tables des libraires pour s’en convaincre. À commencer par le lauréat du Prix Goncourt 2025, Laurent Mauvignier, pour La Maison vide, qui au demeurant porte assez mal son nom tant elle est remplie de souvenirs, de voix remémorées, de scènes de vie reconstruites, d’ancêtres médaillés, etc.

Cette thématique va trouver un écho important dans le programme de notre 6ème édition. Qu’il s’agisse des auteurs pour la jeunesse ou de ceux qui écrivent pour les générations précédentes, la famille, ou plutôt « les » familles tant elles diffèrent et se complètent, constituent une matrice de création à laquelle nous sommes attentifs.

Nous donnerons ainsi la parole à des auteurs qui, chacun à sa manière, explorent les rouages subtils des rapports familiaux, expression commode autant que plurielle qui désigne aujourd’hui ce régime de l’espèce auquel nous sommes tous soumis, pour le meilleur ou pour le pire.

Gérard Lamoureux
Directeur du festival